Springboard : n.
1. a flexible board used to gain height or momentum in diving or gymnastics
2. anything that makes it possible for an activity to begin: "he uses other people's ideas as a springboard for his own"
Synonyme : jumping-off point, point of departure commencement, start, beginning -
the act of starting something.
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Ce site internet est une compilation de mails reçus et que je continu de recevoir sur mes différentes boites mails.
Contrairement à un travail éditorial classique internet me permet d'enrichir quotidiennement ce site.
Un "work in progress" perpétuellement "under construction".
Classés chronologiquement mes mails comme leur contenu sont donc librement consultables.
Ils contiennent un ensemble d'informations liées directement ou indirectement à mon travail plastique.
Cette politique de l'écart m'intéresse en ce sens qu'elle permet de poser un regard oblique sur le travail et ainsi faire émerger d'autre enjeu, d'autres points de fuites/vues sur celui-ci.
De poser un regard plus juste et plus intime sur mon travail sans pour autant tomber dans le sentimentalisme primaire.
Benjamin Collet
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Un truc tropical, large quoi !
Il y a des jours où l'activité de l'artiste se résume à une simple balade. Il laissera, pour un temps, ses formes à l'atelier et prendra le temps d'observer, de comprendre. La balade est une activité aux possibilités multiples, qu'elle soit une déambulation aux travers de divers espaces ou une navigation internet. Benjamin Collet est un de ces artistes qui se laisse emporter au fil de ses découvertes et de la compréhension dont celles-ci sont « causes ». Chaque élément, chaque ensemble d'éléments et chaque situation sont de potentiels compositions à réinvestir dans son travail. Tous ces ensembles constituent le monde comme pour Wittgenstein mais ils constituent avant tout son monde, c'est à dire un répertoire de formes presque inépuisable et construit par d'autres. Son monde est fait de musique et d'images électroniques, dirait on aujourd'hui, numériques. De la couleur, des basses et des allégories tropicales; des recettes exotiques dont Benjamin Collet garde savamment le secret. Ce qui est sur, c'est qu'il croit toujours, et peut-être naïvement, que le monde qu'il contemple est autre que virtuel.
Mais ce monde éco-lo-socialo-économique éminemment éco-lo-politiquo-sociale est facteur de virtualisation. Qu'importe ! Les choses doivent prendre forme et rapidement ! Cette aventure romantique est à toute épreuve. Elle s'attache à découvrir des espaces où la virtualité n'existe pas encore, ces espaces où héroïquement les corps, encore, se rencontrent. Ces espaces que l'on nous promet à grand renfort d'images, de slogans, de recettes magiques, de menus minceur, de réussites. Un répertoire non quantifiable d'images dont il lui faut rendre compte, même si le papier et l'encre lui manque. Ce n'est pas grave, le format A3 permettra de stocker quantité d'images même s'il lui faut pour cela les superposées. Ce ne sera qu'une nouvelle fois mettre en page ces images donc composer cet espace pour qu'il fasse image. Une, deux voire trois chutes de bois, une image, un stickers, et l'affaire est conclue. On ne négocie pas avec soi-même. L'économie mise en place pour la réalisation de ces objets, le permet « largement ». Elle devient une règle d'or, un principe. Chaque chose doit se présenter à lui, à nous. Il est impératif que nous puissions faire l'expérience de cette chose. Là est toute la sensibilité de Benjamin Collet, comme un témoin nous dirait qu'il croit parce qu'il a vu. Elles existent. Elles sentent, elles obstruent, elles composent. Puisqu'il est évidemment question de composition dans cette production. Chaque chose à son intérêt, chaque chose constitue son environnement et n'existerait pas si elle ne justifiait pas d'une nécessité.
Il n'est pas question ici de définir le travail de Benjamin Collet comme celui d'un peintre mais il est possible d'en constater quelques analogies notamment sur sa propension à représenter des scènes de la vie. Ces scènes troublantes où se mêlent espoirs et prises de conscience. Des « peintures » ou des compilations best of qui prêtent à réfléchir sur l'identité qu'il se constitue, sur cette nécessité de réussir qu'il exemplifie en présentant consécutivement nombres de mini-rétrospectives, totems à la puissance des signes et autres autoportraits en rockstar. Les objets gardent intrinsèquement les stygmates de la spontanéïté avec laquelle il les a fait naître. Une marque ostensible du rapport qu'il entretient à la forme par le bricolage. Un regard critique qui le distancie du « bien fait » et, indubitablement, du « bon artiste ».
pierre_gaignard mai 2009